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L’écoanxiété, qu’est-ce que c’est ?

L’ecoanxiété est un terme né à la fin des années 1990 pour désigner la situation de mal-être ou un genre de culpabilité que ressentiraient des personnes devant les crises environnementales et les changements climatiques. Le contenu de cette notion doit être distingué d’autres concepts proches.

L’éco-anxiété plus en détail

L’éco-anxiété est une situation que vit une personne éco-anxieuse qui a tendance à nourrir une inquiétude face aux prévisions sur les catastrophes écologiques telles que la dégradation de la biodiversité, la pollution des océans et de la planète, la déforestation ou la disparition des glaciers. Il s’agit d’une anxiété par anticipation qui s’enracine et persiste par une prise de conscience des conséquences immédiates et à venir du dérèglement climatique, des effets souvent amplifiés et aggravés par les associations et organisations écologiques.

Cette notion doit être distinguée de la solastalgie, terme employé pour la première fois parle philosophe de l’environnement Glenn Albrecht. Le concept fait référence à la santé mentale des habitants de la Hunter Valley, une région australienne affectée par l’industrialisation et la présence de mines à ciel ouvert. Il renvoie à une anxiété ou à un malaise face à une situation irrémédiable, perdue ou accomplie. Cela est différent de l’éco-anxiété qui traduit la crainte d’un événement avenir.

De la nature pathologique de l’éco-anxiété

Selon le docteur Alice Desbiolles, épidémiologiste et médecin en santé publique, l’éco-anxiété est un état psychologique plutôt qu’une maladie, mais cet état psychique peut rendre la victime malade. Il est donc vital de maitriser ce stress et de le surmonter éviter de s’en laisser affecter.

Il peut toutefois arriver que cette angoisse persistante soit pathologique. Dans ce cas, la souffrance morale est devenue trop forte, exigeant un soutien psychologique. Ce mal peut souvent conduire à la dépression.

Les victimes de l’éco-anxiété

Selon des enquêtes, l’anxiété climatique est très répandue chez les jeunes adultes, dont la plupart ont très bonne connaissance des problèmes écologiques de la planète. Cette inquiétude est renforcée par le fait qu’ils subiront les impacts du dérèglement climatique au moment où ils seront dans la fleur de l’âge.

En outre, une grande fange de cette catégorie d’éco-anxieux est représentée par les jeunes femmes diplômées et vivant en majorité dans les villes. On peut comprendre que ces jeunes femmes issues de la classe moyenne ou de milieux favorisés aménagent leur mode de vie (voyage, consommation, etc.) pour s’aligner sur les principes de la préservation de la planète, au contraire de leurs parents.

Les classes populaires seraient moins touchées par le phénomène, elles qui adoptent un mode de vie peu destructeur de la planète. Si elle n’est pas la grande victime de l’éco-anxiété, cette catégorie subit par contre de plein fouet les conséquences du changement climatique.

Il faut préciser que cette anxiété n’est pas propre aux sociétés occidentales. Des tribus d’indigènes sur le territoire canadien ont été dominées par cette angoisse écologique au vu de leur environnement quasiment transformé, en lisière de l’Arctique.

La gestion de l’éco-anxiété

Chaque éco-anxieux doit apprendre à vivre avec son mal, les sociétés actuelles étant peu enclines à passer rapidement à la transition écologique. Pour ce faire, il faut regarder le présent en considérant sa vie d’aujourd’hui sans anticiper en permanence l’avenir.

Il n’est pas raisonnable de s’estimer trop responsable ou coupable de la situation climatique actuelle. Il convient de savoir gérer sa prise de conscience sans renoncer à la lutte pour la sauvegarde de la Terre.

Des solutions ou des pistes d’actions doivent être recherchées plutôt qu’une fixation sur des événements ou constats anxiogènes.